Nouvelle-Écosse

EN BREF
APERÇU DE L’ACCÈS
  • 2
    point de service publiquement répertorié offrant à la fois l’avortement par médicaments et par instruments*
    points de service publiquement répertoriés*
    1
     point(s) de service pour l’avortement par médicaments
    2
     point(s) de service pour l’avortement par instruments
    Limite gestationnelle fonctionnelle de 
    16 semaines
    Limite gestationnelle fonctionnelle de
    16 semaines
    *

    Pour trouver des services d’avortement en Nouvelle-Écosse, une ligne d’auto-orientation provinciale gérée par la clinique Reproductive Options and Services (ROSE) est accessible gratuitement au 1-833-352-0719.

    Pour trouver des services d’avortement en Nouvelle-Écosse, une ligne d’auto-orientation provinciale gérée par la clinique Reproductive Options and Services (ROSE) est accessible gratuitement au 1-833-352-0719.

    Il n'existe pas un système central pour aider le public à contacter des services d’avortement
    Information about abortion is available on a 
    le Site web de la province/territoire
    L’information sur l’avortement n'est pas affichée sur le site web de la province/territoire

Avortement par médicaments

Couverture du coût de Mifegymiso

Mifegymiso est entièrement couvert pour les personnes résidentes de la Nouvelle-Écosse qui détiennent une carte santé valide.

Code de facturation

Des codes de facturation et tarifs sont utilisés par les médecins pour facturer aux régimes provinciaux/territoriaux d’assurance maladie les divers services qu’ils/elles fournissent. L’absence d’un code de facturation pour l’avortement par médicaments peut dissuader des médecins de l’offrir.

Le Physician’s Manual [« Manuel des médecins »] de la Nouvelle-Écosse comprend un code de facturation pour l’avortement par médicaments.

Télémédecine

Il a été démontré que l’avortement par télémédecine est aussi sûr et efficace que l’avortement par médicaments fourni en clinique. Étant donné que l’avortement par télémédecine permet aux patient⋅e⋅s d’accéder aux soins à leur domicile et ne nécessite souvent qu’un seul déplacement à la pharmacie ou à la clinique, il est essentiel d’élargir sa disponibilité pour améliorer l’accès à l’avortement des personnes vivant en communauté rurale, ou qui ne peuvent pas s’absenter de leur travail pour aller à un rendez-vous, ou sont exposées à la stigmatisation ou à la discrimination.

Les patient·e·s de la Nouvelle-Écosse peuvent être orienté·e·s vers des prestataires de télémédecine grâce à la ligne provinciale d’auto-orientation gérée par la clinique Reproductive Options and Services (ROSE).

Durant la pandémie de la COVID-19, les médecins pouvaient facturer des soins virtuels en réclamant les mêmes honoraires que pour une visite en personne. Les services de télémédecine sont désormais assurés en vertu du Physician’s Manual de la Nouvelle-Écosse, lorsqu’ils sont conformes à la Provision of Publicly Funded Virtual Health Services Policy de la province.

Le College of Nursing of Nova Scotia a élaboré des lignes directrices pour la pratique des soins infirmiers à distance pour permettre aux infirmier·ère·s de fournir des services à distance conformément à leur champ d’activité infirmière prévu par la loi, de même qu’à leurs champs d’activité individuelle et professionnelle.

En vertu du Pharmacy Practice Regulations [« Règlements sur la pratique de la pharmacie »] en vertu de l’article 80 de la Pharmacy Act [« Loi sur la pharmacie »], tou·te·s les praticien·ne·s de santé qui délivrent des médicaments sont tenu·e·s de fournir des consultations en personne aux patient·e·s avant la première exécution de chaque ordonnance. Toutefois, l’exigence légale est assouplie lorsqu’il n’est pas « faisable » pour un·e patient·e d’avoir une consultation en personne – ce qui signifie que, dans certaines situations, il pourrait être possible de satisfaire à l’exigence de consultation par téléphone ou en ligne.

Lois, politiques et règlements sur l’avortement

Accès à l’avortement pour les personnes mineures

Il n’y a pas d’âge légal pour le consentement à un traitement médical en Nouvelle-Écosse.

En conséquence, la doctrine du/de la mineur·e mature s’applique aux mineur·e·s qui ont recours à des soins de santé, y compris à l’avortement. Cela signifie qu’un·e mineur·e capable de comprendre et d’évaluer la nature, le but et les conséquences raisonnablement prévisibles d’un traitement médical proposé et de ses alternatives ou de son refus peut donner un consentement légal valide.

Loi sur les zones de protection

Le fait de légiférer des zones de protection vise à empêcher que des militant⋅e⋅s anti-avortement harcèlent des personnes à proximité d’un établissement qui fournit des soins d’avortement. Même si la criminalisation d’individus ne permettra pas de freiner efficacement le mouvement anti-avortement dans son ensemble, ces lois peuvent arriver à dissuader des manifestant⋅e⋅s anti-choix de harceler les prestataires et les patient⋅e⋅s qui entrent et sortent des cliniques d’avortement.

La Protecting Access to Reproductive Health Care Act (« Loi sur la protection de l’accès aux soins génésiques ») de la Nouvelle-Écosse a été promulguée le 10 mars 2020. En vertu de cette loi, chaque établissement qui fournit des soins d’avortement dispose d’une « zone de protection » de 50 mètres, mais peut demander à ce qu’elle soit agrandie jusqu’à 150 mètres au besoin. La Loi interdit également le harcèlement à l’endroit des prestataires d’avortement et permet d’établir des zones de protection autour des domiciles des médecins et des prestataires de services par voie de règlements.

Refus de soins fondé sur des croyances

Même si l’avortement est un service médical essentiel, un·e médecin ou un·e infirmier·ère praticien·ne peut refuser de fournir des soins liés à l’avortement en raison de ses croyances, en vertu de la législation en vigueur et des politiques définies par les organismes de réglementation. Cette pratique est souvent appelée « objection de conscience » (quoique l’expression « refus de soins fondé sur des croyances » pourrait être plus exacte pour décrire cette situation).

Médecins

Les Professional Standards Regarding Conscientious Objection [Normes professionnelles relatives à l’objection de conscience] exigent qu’un·e médecin s’opposant à une demande oriente efficacement le/la patient·e vers « un·e médecin, un·e professionnel·le de la santé, un organisme ou un service qui n’a pas de telle objection, qui est disponible et accessible, afin de superviser la prestation des soins demandés » [trad.].

Infirmier·ère·s praticien·ne·s

Le Nova Scotia College of Nurses a adopté le Code de déontologie des infirmières et infirmiers autorisés de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, qui stipule que les infirmier·ère·s doivent informer à l’avance leur employeur·euse ou le/la patient·e recevant des soins, en cas d’objection de conscience, afin que d’autres dispositions puissent être prises.

Politique sur les soins médicaux reçus hors du pays

Dans certains cas, des patient·e·s pourraient devoir voyager à l’extérieur du pays pour recevoir des soins d’avortement qui ne sont pas offerts au Canada.  

Le Medical Services Insurance (MSI) Program [« Programme d’assurance des services médicaux »] de la Nouvelle-Écosse comprend une couverture hors province pour les patient·e·s orienté·e·s vers un traitement assuré. Les patient·e·s doivent être orienté·e·s par un·e spécialiste agréé·e en Nouvelle-Écosse. Selon la politique, en cas d’approbation préalable de la demande de remboursement par le ministère de la Santé et du Bien-être, tous les services médicalement nécessaires seront assurés à 100 % (qu’ils soient fournis en milieu hospitalier ou en ambulatoire).  

La Nouvelle-Écosse ne dispose d’aucune législation relative aux soins médicaux reçus hors du pays.

Aide au voyage

Les patient·e·s qui sont autorisé·e·s à voyager à l’extérieur de la province pour recevoir des soins médicaux peuvent bénéficier d’une aide financière dans le cadre de la politique provinciale d’aide au voyage et à l’hébergement :

  • un montant maximum de 1 000 $ CAN en aide au voyage (aller-retour) et de 125 $ CAN par nuitée sera fourni, jusqu’à concurrence de 1 500 $ CAN par mois, pour les séjours de courte durée de moins d’un mois;
  • si un séjour de longue durée est nécessaire, une aide pouvant aller jusqu’à 2 500 $ CAN par mois sera fournie;
  • les frais de transport jusqu’à 1 000 $ CAN (aller-retour) seront couverts pour qu’un·e accompagnateur·trice voyage avec le/la patient·e, si nécessaire ou si le/la patient·e est âgé·e de moins de 19 ans.

Pour être admissible, le/la patient·e doit faire en sorte que son/sa spécialiste de la Nouvelle-Écosse demande par écrit l’approbation préalable du/de la conseiller·ère médical·e du programme MSI. Le/la patient·e doit remplir un formulaire de dépenses et fournir tous les reçus originaux pour obtenir un remboursement.

Une aide au voyage du programme Employment Support and Income Assistance (ESIA) est offerte aux patient·e·s admissibles, mais ne peut être utilisée en conjonction avec le programme MSI.

Jurisprudence sur l’avortement en

Nouvelle-Écosse c. Morgentaler (NS, 1989)

1989 NS SC 5201

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a allégué que le défendeur pratiquait des avortements dans sa clinique, en violation de l’article 4 de la Nova Scotia Medical Services Act [Loi de la Nouvelle-Écosse sur les services médicaux] de 1989, qui interdit les avortements ailleurs que dans des hôpitaux. Le gouvernement a demandé une injonction provisoire afin d’empêcher les activités du défendeur.

Le tribunal a accordé l’injonction, estimant qu’il existait un intérêt public supérieur à garantir que les lois provinciales ne soient pas bafouées. Il a rejeté l’argument selon lequel l’arrêt rendu en 1988 par la Cour suprême dans l’affaire R. c. Morgentaler interdisait aux provinces d’adopter des lois limitant la pratique de l’avortement aux hôpitaux.

La Cour suprême du Canada a infirmé cette décision en 1993.

Références

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