Île-du-Prince-Édouard

EN BREF
APERÇU DE L’ACCÈS
  • 3
    point de service publiquement répertorié offrant à la fois l’avortement par médicaments et par instruments*
    points de service publiquement répertoriés*
    3
     point(s) de service pour l’avortement par médicaments
    1
     point(s) de service pour l’avortement par instruments
    Limite gestationnelle fonctionnelle de 
    13 semaines
    Limite gestationnelle fonctionnelle de
    13 semaines
    *

    Les services d'avortement sont offerts à l'Île-du-Prince-Édouard dans le cadre du programme Services de santé sexuelle et reproductive et en matière d’options. Leur ligne sans frais est le 1-844-365-8258. Les résidents peuvent également appeler le 811 pour accéder à Health PEI.

    Les services d'avortement sont offerts à l'Île-du-Prince-Édouard dans le cadre du programme Services de santé sexuelle et reproductive et en matière d’options. Leur ligne sans frais est le 1-844-365-8258. Les résidents peuvent également appeler le 811 pour accéder à Health PEI.

    Il n'existe pas un système central pour aider le public à contacter des services d’avortement
    Information about abortion is available on a 
    le Site web de la province/territoire
    L’information sur l’avortement n'est pas affichée sur le site web de la province/territoire

Avortement par médicaments

Couverture du coût de Mifegymiso

Mifegymiso est entièrement couvert pour les personnes résidentes de l’Î.-P.-É. qui détiennent une carte santé valide. Mifegymiso n’est pas offert dans les pharmacies de l’Î.-P.-É.; il est conservé par le SHORS, qui le distribue au besoin aux médecins qui l’administrent.

Code de facturation

Des codes de facturation et tarifs sont utilisés par les médecins pour facturer aux régimes provinciaux/territoriaux d’assurance maladie les divers services qu’ils/elles fournissent. L’absence d’un code de facturation pour l’avortement par médicaments peut dissuader des médecins de l’offrir.

Il n’existe pas de code de facturation pour l’avortement par médicaments dans le Master Agreement entre la Medical Society of Prince Edward Island, le Gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard et Santé Î.-P.-É., qui définit les codes de facturation des médecins.

Télémédecine

Il a été démontré que l’avortement par télémédecine est aussi sûr et efficace que l’avortement par médicaments fourni en clinique. Étant donné que l’avortement par télémédecine permet aux patient⋅e⋅s d’accéder aux soins à leur domicile et ne nécessite souvent qu’un seul déplacement à la pharmacie ou à la clinique, il est essentiel d’élargir sa disponibilité pour améliorer l’accès à l’avortement des personnes vivant en communauté rurale, ou qui ne peuvent pas s’absenter de leur travail pour aller à un rendez-vous, ou sont exposées à la stigmatisation ou à la discrimination.

La pilule abortive est distribuée par le SHORS, qui n’offre pas l’avortement par télémédecine pour le moment. Toutefois, le SHORS s’efforce de recueillir par téléphone toutes les informations nécessaires à l’avortement par médicaments, ou en regroupant les visites, pour que les patient·e·s n’aient pas besoin de multiples rendez-vous en personne.  

L’Entente sur les services de médecins précise que les services de soins virtuels ne sont facturables que pour les prestations médicalement nécessaires et qui peuvent être dispensées en toute sécurité et avec compétence grâce à des technologies approuvées pour les soins virtuels.

L’Entente stipule que la Loi sur le paiement des services médicaux prévoit que seuls les services médicalement nécessaires seront considérés comme remboursables. Si le/la médecin est d’avis qu’un service est médicalement nécessaire, il/elle peut présenter une demande de remboursement. Au cas contraire, le/la médecin peut facturer ce service au ou à la patient·e. Les Health Services Payment Act Regulations [Règlement d’application de la Loi sur le paiement des services médicaux] définit les « services de santé de base » comme incluant « les services fournis dans le cadre d’une interruption de grossesse pratiquée dans un hôpital ».

Le College of Physicians and Surgeons of Prince Edward Island est doté d’une politique sur la télémédecine, et le College of Registered Nurses of Prince Edward Island, d’une directive de pratique sur les soins infirmiers de télésanté.

Lois, politiques et règlements sur l’avortement

Accès à l’avortement pour les personnes mineures

En vertu de la Consent to Treatment and Health Care Directives Act [« Loi sur le consentement au traitement et les directives en matière de soins de santé »], toute personne, y compris mineur·e, est réputée apte à donner son consentement à un traitement médical ou à le refuser, et à donner une directive en matière de soins de santé, à moins que le contraire ne soit démontré. Une personne est apte si, de l’avis de son/sa praticien·ne de soins de santé, elle est en mesure de comprendre les informations pertinentes pour prendre une décision concernant le traitement; de comprendre que ces informations s’appliquent à sa situation particulière; de comprendre que le/la patient·e a le droit de prendre une décision; et d’évaluer les conséquences raisonnablement prévisibles d’une décision ou de l’absence de décision.1

Loi sur les zones de protection

Le fait de légiférer des zones de protection vise à empêcher que des militant⋅e⋅s anti-avortement harcèlent des personnes à proximité d’un établissement qui fournit des soins d’avortement. Même si la criminalisation d’individus ne permettra pas de freiner efficacement le mouvement anti-avortement dans son ensemble, ces lois peuvent arriver à dissuader des manifestant⋅e⋅s anti-choix de harceler les prestataires et les patient⋅e⋅s qui entrent et sortent des cliniques d’avortement.

Il n’existe pas de législation sur les zones de protection à l’Î.-P.-É. Cependant, le Projet de loi C-3 du gouvernement fédéral s’applique. Celui-ci rend illégal d’intimider des travailleur·euse·s de la santé et des patient·e·s ou de les empêcher de fournir des soins ou de se faire soigner dans des lieux où des services de santé sont fournis – y compris l’avortement.

Refus de soins fondé sur des croyances

Même si l’avortement est un service médical essentiel, un·e médecin ou un·e infirmier·ère praticien·ne peut refuser de fournir des soins liés à l’avortement en raison de ses croyances, en vertu de la législation en vigueur et des politiques définies par les organismes de réglementation. Cette pratique est souvent appelée « objection de conscience » (quoique l’expression « refus de soins fondé sur des croyances » pourrait être plus exacte pour décrire cette situation).

Médecins

Le Collège des médecins et chirurgiens de l’Î.-P.-É. a adopté une nouvelle politique relative à l’objection de conscience à la prestation de services le 26 mars 2024. Cette politique exige que les médecins qui font valoir leur objection assurent une « orientation rapide et efficace » vers « un·e médecin, un·e professionnel·le de la santé ou un organisme qui ne fait pas valoir d’objection, qui est disponible et accessible ».

Les médecins sont tenu·e·s de fournir aux patient·e·s des informations précises, complètes et impartiales sur toutes les options disponibles et appropriées pour répondre à leurs besoins ou préoccupations cliniques, de mettre en place un système efficace de référence pour les services fréquemment demandés qu’ils/elles refusent de fournir, et de prodiguer des soins en cas d’urgence « lorsque cela est nécessaire pour prévenir un préjudice imminent ».

Infirmier·ère·s praticien·ne·s

Le College of Registered Nurses and Midwives of Prince Edward Island a adopté le Code de déontologie des infirmières et infirmiers autorisés de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, qui stipule que les infirmier·ère·s doivent informer à l’avance leur employeur·euse ou le/la patient·e recevant des soins, en cas d’objection de conscience, afin que d’autres dispositions puissent être prises.

Politique sur les soins médicaux reçus hors du pays

Dans certains cas, des patient·e·s pourraient devoir voyager à l’extérieur du pays pour recevoir des soins d’avortement qui ne sont pas offerts au Canada. Santé Î.-P.-É. prévoit une couverture hors pays pour les patient·e·s référé·e·s pour des services de santé assurés qui ne sont pas offerts au Canada. Un·e médecin doit demander à Santé Î.-P.-É. l’autorisation de recevoir des services de santé hors province pour que le/la patient·e puisse bénéficier de cette couverture. Le personnel des Services de santé sexuelle et reproductive et en matière d’options (SHORS) peut également aider à trouver des solutions hors province. 

Jusqu’à présent, Santé Î.-P.-É. a approuvé 100 % des demandes soumises par le SHORS au nom de patient·e·s pour des soins médicaux hors province et hors pays, depuis sa création en 2017. Tous les aspects des soins médicaux sont couverts (à l’exception du transport et de l’hébergement), de même que les soins dispensés dans des cliniques privées à l’extérieur du Canada.

Île-du-Prince-Édouard n’a pas de législation relative aux soins médicaux reçus hors du pays.

Aide au voyage

Le Programme de Maritime Bus fournit une aide au voyage par l’intermédiaire de la Maritime Bus Company aux patient·e·s détenant une carte-santé de l’Î.-P.-É. qui doivent se rendre au Nouveau-Brunswick ou en Nouvelle-Écosse pour des rendez-vous médicaux, y compris des soins d’avortement. Les personnes dont la demande est approuvée voient leur billet d’autobus subventionné à hauteur de 50 % ou de 100 %, selon leurs revenus. 

Jurisprudence sur l’avortement en

P.E.I. c. Morgentaler (PE, 1996)

139 DLR (4th) 603

En vertu de la Health Services Payment Act [« Loi sur le paiement des services de santé »] de l’Île-du-Prince-Édouard, les avortements sont couverts seulement lorsqu’ils sont pratiqués dans un hôpital et considérés comme médicalement nécessaires par l’Agence de la santé et des services communautaires. Le Dr Morgentaler a contesté cette disposition, estimant que cette évaluation de la nécessité ne relevait pas de la compétence de l’Agence. La Cour suprême de l’Î.-P.-É. lui a donné raison, en jugeant que le règlement ne relevait pas du mandat de l’Agence.

Abortion Access Now PEI c. Government of PEI (PE, 2016)

Draft Notice of Application [Ébauche d’avis de requête]

Abortion Access Now PEI (AAN PEI) a contesté juridiquement la validité constitutionnelle de la politique de l’Île-du-Prince-Édouard sur l’avortement, qui interdisait les avortements provoqués dans la province depuis sa création en 1982 et obligeait les personnes à se rendre dans des provinces voisines pour accéder à des services d’avortement. Le Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes (FAEJ) a fourni un soutien juridique à AAN PEI pour lancer la contestation. Trois mois après l’annonce de la contestation constitutionnelle, l’Î.-P.-É. a mis fin à sa politique sur l’avortement, le premier ministre reconnaissant que le pouvoir judiciaire aurait déterminé que la politique enfreignait les droits garantis par la Charte. Le 31 janvier 2017, un premier avortement légal en près de 35 ans a été pratiqué à la nouvelle Women’s Wellness Clinic de l’Hôpital du comté de Prince, à Summerside.3

Références

1 Consent to Treatment and Health Care Directives Act, RSPEI 1988, c C-17.2. https://canlii.ca/t/54404

2 Le refus de fournir des soins de santé au Canada. (2023). Coalition pour le droit à l’avortement du Canada. https://www.arcc-cdac.ca/media/position-papers/fr/95-refus-fournir-des-soins-de-sante.pdf

3 Kingston, A. (3 février 2017). After 35 years, abortions are finally available in P.E.I. Macleans. https://macleans.ca/news/canada/after-35-years-abortion-available-in-pei/ 

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